Mardi 11 septembre 2001 : récit d’une journée hors-norme pour l’aviation civile internationale

Panneau annonçant l’annulation de l’intégralité des vols commerciaux à l’aéroport international de Los Angeles (LAX) le 11 septembre 2001.

« Le ciel était bleu sans un nuage », phrase incontournable lorsque un New Yorkais évoque cette journée du 11 septembre 2001. Ce deuxième mardi du neuvième mois de l’année devait être ensoleillé, une journée somme toute comme les autres sur la côte est des États-Unis. À New York, ce mardi là sonnait le début des primaires pour les élections municipales de novembre 2001. Ces dernières devaient offrir à la ville qui ne dort jamais le successeur de Rudolph Giuliani, édile depuis 1994 ayant fait chuter le crime et le trafic de stupéfiants dans ce qui était une des villes les plus dangereuses du pays avant son arrivée au City hall

Un trafic aérien conséquent 

Dans le ciel américain, on estime qu’il y aurait environ 60 000 personnes survolant le Mainland simultanément. L’avion est l’un des moyens de transport les plus prisés dans un pays affichant une superficie totale de plus de neuf millions de km2. Résidants des États du nord se rendant sur les côtes floridienne et californienne, femmes et hommes d’affaires, touristes venus des quatre coins du globe ; tous profitent d’un réseau aéronautique extrêmement développé où le nombre impressionnant de plateformes aéroportuaires offre un vaste sytème de correspondances. 

En effet, quatre des six plus grands aéroports mondiaux en terme de passagers se trouvaient sur le sol étasunien en 2001. Atlanta Hartsfield Jackson, Chicago O’Hare, Los Angeles et Dallas Fort-Worth sont les quatre mastodontes que seuls les aéroports d’Heathrow (Londres) et de Haneda (Tokyo) pouvaient concurrencer à cet instant précis alors que les pays du Golfe et la Chine venaient à peine d’entamer leur mutation sur le plan économique. 

Feu sur l’Amérique

Le détournement du vol 11 d’American Airlines, puis celui du 175 de United, tous deux à destination de l’aéroport international de Los Angeles (LAX), firent basculer l’Amérique dans un profond chaos. Détournés 20 minutes après après avoir décollé de Boston, les deux vols heurtèrent les Twin Towers du World Trade Center à dix-huit minutes d’intervalle. La perte des deux appareils, rapidement constatée par les contrôleurs aériens de l’aéroport international Logan, plongea la Federal Aviation Administration (FAA) et les services de sécurité dans le doute. Les F-16 de l’US Army qui décollèrent de la base d’Otis ne purent intercepter les deux bombes volantes, inéluctablement lancées sur Manhattan. 

L’opération Yellow Ribbon 

Le choc provoqué par les deux crashs incita la FAA à fermer l’espace aérien américain. Tous les vols commerciaux survolant le pays durent se poser sur le tarmac le plus proche de leur position à l’heure du deuxième crash. Les vols internationaux sur le point d’arriver aux États-Unis n’ayant pas suffisamment de kérosène pour faire demi-tour furent principalement déroutés vers le Canada – le Mexique accueillit quelques vols à destination de la partie méridionale du pays en provenance d’Amérique du Sud – grâce à une opération mise sur pied dans la précipitation par les autorités américaines et canadiennes. Cette opération, qui porta le nom de Yellow Ribbon (opération Ruban jaune), permit au Ministère des transports (Transports Canada) de gérer l’afflux de vols déroutés de leur trajet initial. Cette opération de grande envergure concerna plus de deux cents vols et une quinzaine d’aéroports canadiens. 

Terre-Neuve, principale terre d’accueil des déroutés

Les aéroports choisis se trouvaient principalement sur la côte nord-atlantique, à l’écart des grandes métropoles : le risque d’une éventuelle attaque fit éviter à la majorité des vols déroutés les aéroports Trudeau de Montréal et Pearson de Toronto, principaux hubs du pays. Les passagers furent par exemple évacués vers l’aéroport international Stanfield d’Halifax ou celui de Gander, tous deux dans la province de Terre-Neuve, comme témoigne cette passagère à destination du Mexique sur  france.tv info « [nous étions] dans un avion vers le Mexique et on nous a dit que nous étions détournés vers Terre-Neuve car tous les aéroports américains étaient fermés […] nous sommes restés enfermés dans l’avion 24 h avant d’être débarqués à Terre-neuve ».

Ces aéroports – notamment celui de Gander – ont la particularité de se situer dans un endroit reculé, loin des grandes métropoles, tout en étant suffisamment vastes pour permettre l’acheminement de plusieurs appareils longs-courrier.

L’accueil et la solidarité des Canadiens furent soulignés par les ressortissants étrangers. Ces derniers restèrent bloqués pendant plusieurs jours, voire une semaine pour certains, avant de pouvoir être rapatriés ou poursuivre leur séjour au prix de mesures de sécurité drastiques. 

Dans une sorte de mimétisme, le Canada ferma aussi son espace aérien. Seuls les avions de secourisme furent autorisés à poursuivre leur décollage. Il fut suivi par Israël qui limita dans la même soirée son trafic aérien à ses vols domestiques.

Ce mardi 11 septembre ne fut pas une journée comme les autres. L’aspect inédit de la fermeture de l’espace aérien américain vient confirmer cette conclusion.

Publié par Géopolitique des États

Chercheur travaillant sur le sport, l'histoire et la géopolitique. Vous trouverez sur ce blog divers articles, billets et récits liés aux sujets qui font l'actualité des domaines susmentionnés.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :